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Posts Tagged ‘juvenile justice system’

“En 1958, la liberté surveillée est légalement reconnue en sa qualité de «véritable mesure d’éducation en milieu ouvert», conformément à l’esprit de réforme présidant à son évolution depuis 1945. En effet, la modification de l’article 25 de l’ordonnance du 2 février 1945 «tient compte de l’institution, postérieure à la promulgation de l’ordonnance de 1945, d’un statut des délégués permanents à la Liberté Surveillée qui sont désormais des fonctionnaires appartenant aux cadres d’éducation des services extérieurs de l’Éducation surveillée». L’article 25 est ainsi rédigé : «la rééducation des mineurs en liberté surveillée est assurée, sous l’autorité du juge des enfants, par des délégués permanents… ». L’introduction du terme de «rééducation» consacre une autonomie à une mesure éducative que ne lui conféraient pas les textes d’origine quand elle n’était qu’une mesure de surveillance. La loi intègre dix ans de réformes de la liberté surveillée, tant d’un point de vue statutaire (le délégué passe de la condition d’indemnitaire à celle de contractuel, puis à celle d’éducateur), que d’un point de vue pédagogique: «la liberté surveillée qui de mesure de surveillance et de contrôle, est devenue une véritable mesure d’éducation en milieu ouvert». De par son évolution, elle peut même prétendre être un modèle pour la toute nouvelle mesure de protection des enfants en danger (l’assistance éducative), comme l’atteste ce document présenté par la direction de l’Éducation surveillée au Conseil de l’Europe de Strasbourg en 1959. 

«La législation française prévoit pour les mineurs délinquants, comme pour les mineurs non délinquants justiciables d’une éducation spécialisée et d’une protection particulière, des mesures analogues. La gamme prévue par l’ordonnance du 23 décembre 1958 est nécessairement plus large que celle de l’ordonnance du 2 février 1945, et les possibilités d’action en milieu ouvert y sont plus grandes. La liberté surveillée, mesure d’origine pénale devenue dans la pratique procédé d’éducation spécialisée en milieu libre, reste l’instrument principal de l’ordonnance du 2 février 1945, mais ses moyens et ses modalités pourront être utilisés dans l’application de la loi nouvelle concernant l’enfance en danger.»

La mesure de liberté surveillée, à l’instar du statut des mineurs délinquants après la seconde guerre mondiale a été le support pédagogique et juridique de la dynamique de la protection judiciaire de l’enfance, mais elle est restée sur le bord du chemin (sans renforcement des services de la liberté surveillée ni du nombre de permanents) à cause des dispositions de l’autre ordonnance du 23 décembre 1958, celle relative à la protection de l’enfance en danger où le juge des enfants peut, lorsque le mineur est laissé à ses parents ou lorsqu’il est l’objet de mesures provisoires « charger un service d’observation, d’éducation ou de rééducation en milieu ouvert de suivre le mineur et sa famille » (Art. 376-1), ou le faire au titre d’une mesure définitive (Art. 379). Non seulement les procédures entre l’ordonnance du 2 février 1945 et celles de l’ordonnance du 23 décembre 1958 sont similaires, mais le même jour deux ordonnances (ordonnances n° 58-300 et n° 58-301), l’une au pénal, l’autre au civil, permettent au juge des enfants dont les compétences sont élargies et dont les activités sont appelées à considérablement s’accroître, de disposer de deux types de mesures d’éducation en milieu ouvert, ce qui pose inexorablement la question des équipements et des services qui auront la mission d’en assurer l’exécution et donc de la place respective des services à la liberté surveillée et des services de milieu ouvert dans l’équipement de base dont doit disposer le juge des enfants. 

De fait, pendant les premières années de l’application de l’ordonnance de 1958, à compter du 1er octobre 1959, une certaine confusion concernant la nature de ces équipements règne. Faute d’antériorité de la pratique et selon les schémas hérités des anciens textes sur la protection, distinguant action sur les familles pour lesquelles sont habilités les services sociaux spécialisés et action individuelle sur les mineurs, les juges des enfants pouvant faire suivre la famille d’un mineur en danger par un service de milieu ouvert, recourent fréquemment au service de la liberté surveillée. Le rapport note, qu’en l’absence de services sociaux spécialisés, «ce recours aux services de l’Éducation surveillée se justifie, bien que l’action sociale à exercer vis-à-vis des familles – notamment de celles comptant des enfants en bas âge – soit différente de l’action éducative sur les jeunes, pour laquelle les éducateurs ont reçu une formation particulière». En effet, la principale caractéristique de l’action des services de la liberté surveillée est d’être individuelle (que les mineurs soient délinquants ou en danger). 

En 1961, le nombre de familles suivies (3,396) par des délégués permanents reste important. Certes, une large majorité des mineurs en liberté surveillée sont des délinquants, mais la proportion de mineurs en danger continue d’augmenter pour s’établir à 20 %. Ni l’habilitation des services de milieu ouvert en assez grand nombre, ni la mise en place de quelques services d’éducation en milieu ouvert intégrée aux consultations d’orientation et d’action éducative du secteur public, ne semblent en mesure de stopper le recours aux services de la liberté surveillée. En 1963, sur 10,162 mesures nouvelles, 7,885 sont des mesures de liberté surveillée proprement dites et 2,277 sont des mesures d’assistance éducative suivies dans le cadre de la LS, «sans que le nombre des éducateurs chargés de la liberté surveillée ait été augmenté de manière sensible». Même si le nombre des délégués a tendance à augmenter passant en 1958 de 115 délégués permanents à 173 en 1963, la surcharge des services de la liberté surveillée n’engage pas à considérer l’exercice des mesures confiées comme conforme à un travail éducatif sérieux, selon des normes que tentent d’imposer la direction et plus particulièrement celui qui a la haute main sur les récentes évolutions méthodologiques de l’observation, Henri Michard.

La situation de l’Éducation surveillée est très inconfortable, prise entre d’une part, des services de liberté surveillée inadaptés à l’afflux de jeunes mineurs et de familles, sans fonctionnement d’équipe, et de l’autre un secteur privé d’associations qui cherche à obtenir une habilitation pour des services de milieu ouvert. Une note du 4e bureau s’alarme de la situation en 1961. Elle a pour objet « l’habilitation des services privés d’éducation en milieu ouvert. Interférence avec le plan d’équipement de l’Éducation surveillée (équipement de base et liberté surveillée)». La question se pose à cause du nombre insuffisant de délégués à la liberté surveillée et «les carences actuelles de l’équipement public»; les magistrats encouragent la création de services privés d’éducation en milieu ouvert destinés à pallier «les carences actuelles de l’équipement public». Or, dans le cas où l’éducation en milieu ouvert s’insère dans le cadre d’un équipement de base (avec consultation et observation en milieu ouvert) «le service de la liberté surveillée réduit à la personne d’un délégué ne sera-t-il pas à l’image d’une «peau de chagrin» et son utilité même remise en question ?» Poser la question, c’était déjà y répondre.

Le déclin annoncé de la liberté surveillé
Pour Henri Michard, le constat est le même : l’application de l’ordonnance de 1958 donne lieu à un niveau d’incohérence rarement atteint illustré par le fait que « les services privés d’éducation en milieu viennent tout simplement doubler les services de la liberté surveillée». Selon lui, une clarification est rendue nécessaire par l’inscription au IVe Plan et la réalisation d’un équipement de base au niveau régional (sur tout le territoire) dont la spécificité justifie de son appartenance au secteur public de l’Éducation surveillée. Tactiquement, la réalisation de l’équipement de base des tribunaux passe donc d’abord par l’affirmation d’une définition « claire et nette de l’équipement “Éducation surveillée” », sur la base d’une unité fonctionnelle (accueil, observation et rééducation), ensuite il faut « regrouper dans chaque tribunal pour enfants l’ensemble des réalisations publiques en un même service ». Il propose d’«opérer un regroupement effectif de tous les services, y compris de la liberté surveillée». 

Sa proposition ne manque pas de susciter des réactions, en particulier celle d’Henri Gaillac, magistrat à l’Administration centrale, inspecteur à la direction de l’Éducation surveillée. Il défend l’idée que « le délégué a des fonctions très particulières, indépendantes de son rôle d’éducateur en milieu ouvert». Le service d’éducation en milieu ouvert et le service de liberté surveillée doivent garder leur spécificité, car il en va du rôle du juge des enfants qui, selon H. Gaillac, ne saurait être rabaissé, il doit être placé au centre de l’organigramme de l’équipement de base : « Il ne s’agit pas d’une querelle de forme mais bien du fond du problème. Le juge des enfants doit rester le «patron» de la rééducation.» Et pour ce faire, «il a besoin d’un service éducatif à ses côtés», d’un « organisme charnière entre le judiciaire et l’éducatif » et avec comme relais à ces deux actions, un «éducateur-conseil», sorte d’assistant, d’adjoint du juge des enfants.

En réponse à cette crainte de « voir les magistrats dépossédés d’une partie de leur pouvoir de contrôle», suscitée par la proposition d’Henri Michard, c’est un autre magistrat, chef de cabinet du directeur de l’Éducation surveillée P. Ceccaldi, Martial Dazat, qui signe de manière cinglante le dernier acte d’une pièce où trois protagonistes se disputent une place prééminente dans le futur secteur de l’éducation en milieu ouvert: le secteur privé à l’assaut des services d’éducation en milieu ouvert depuis l’ordonnance de 1958, le secteur public de l’Éducation surveillée qui souhaite installer des centres d’action éducative sur tout le territoire en tant qu’organisme complexe et polyvalent, et certains magistrats espérant faire des services de la liberté surveillée le relais privilégié de leur activité. Or, selon M. Dazat, deux raisons viennent freiner les prétentions d’H. Gaillac à mettre l’équipement léger sous la coupe des magistrats ou à empêcher l’absorption de la liberté surveillée par ces organismes:

« [d’une part,] il serait erroné de vouloir contrarier une évolution irréversible en renforçant les vieux services de liberté surveillée où plusieurs centaines de mineurs sont suivis de plus ou moins loin par un ou deux délégués permanents», [d’autre part,] «si l’équipement léger a pour caractère d’être mis plus aisément à la disposition du juge des enfants, rien ne permet de conclure qu’il doive en être à quelque titre que ce soit le chef. Toutes proportions gardées, les organismes d’éducation surveillée ne sont pas plus sous son autorité que la police et la gendarmerie ne sont sous l’autorité du parquet ou du juge d’instruction».

Il donne ainsi raison à Henri Michard sur deux points: d’une part, l’éducation en milieu ouvert en tant que provenant de l’observation en milieu ouvert, surpasse techniquement la liberté surveillée, d’autre part, les relations du magistrat pour enfants avec les services rassemblant des équipes de techniciens sont complexes et nécessitent «l’instauration d’une dialectique entre le judiciaire et le «technique» (ou l’éducatif)», mais certainement pas l’instauration d’une domination de l’un sur l’autre. Dans le courant des années 1960 et à l’occasion de la préparation du Ve Plan d’équipement social, H. Michard persiste à distinguer dans les formes principales d’éducation en milieu ouvert, «la mesure d’éducation individuelle, à dominante d’action sociale (type liberté surveillée classique)» et «la mesure d’éducation individuelle, où l’éducateur agit soutenu et guidé par l’ensemble de l’équipe interdisciplinaire».

En 1973, H. Michard croit pouvoir dire de la liberté surveillée qu’elle apparaît «comme un mode de rééducation artisanal», faisant «un peu figure de survivance appelée à s’effacer progressivement devant l’expansion du milieu ouvert» concédant qu’«elle demeure néanmoins nécessaire: elle reste, en effet, pour le juge des enfants un instrument précieux, qui lui permet de déclencher des interventions rapides. Il ne faut pas, par ailleurs, mésestimer le rôle de conseillers techniques que beaucoup de délégués anciens et expérimentés jouent auprès des magistrats».”

– Jean-Pierre Jurmand, “«Promesses» et trahison, une histoire de la liberté surveillée au lendemain de la seconde guerre mondiale en France.”  Revue d’histoire de l’enfance «irrégulière». Volume 17 | 2015: Naissance et mutation de la justice des mineurs. pp. 183-188.

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“La stratégie de l’Éducation surveillée est de ramener dans ses filets un secteur qui a priori relève plus du périmètre de compétence de la juridiction et du juge des enfants, ou tout du moins qui est placé dans son orbite, tout comme les services sociaux auprès des tribunaux. Or deux des quatre attributions de la Direction sont : «le contrôle des services sociaux fonctionnant auprès des tribunaux pour enfants» et «le contrôle des mesures relatives à la liberté surveillée des mineurs». Certes, une grande partie de son activité et la totalité des investissements en personnel sont consacrées à la gestion et à la réforme des internats d’observation et de rééducation pour lesquels elle a fort à faire. Mais elle ne peut se désintéresser de la cure libre, qui, dans les instances et congrès internationaux, est présentée comme le versant symétrique du placement en internat (ou son prolongement en milieu libre), indispensable à développer.

Pour J.-L. Costa, la liberté surveillée devient «un procédé de portée générale, l’instrument juridique de la politique des tribunaux pour enfants», à condition qu’elle soit organisée. Son organisation est l’œuvre des délégués permanents. Le délégué permanent est normalement nommé par le juge des enfants, mais sa rémunération suppose un agrément de la Chancellerie, ce qui peut ainsi apparaître comme un contrôle déguisé. En l’espace de quatre ans, la situation de ces délégués va rapidement évoluer. Un véritable processus de professionnalisation s’amorce dans la mesure où les trois conditions nécessaires à une reconnaissance professionnelle sont remplies : la nomination, le statut, la rémunération. La direction de l’Éducation surveillée se donne les moyens de constituer un corps professionnel intermédiaire. La difficulté est qu’ils sont auxiliaires de la justice et que le seul modèle professionnel dans le genre est celui des assistantes sociales. Là où la liberté surveillée s’était affirmée et distinguée, dans la période de l’entre-deux-guerres, comme le trait d’union entre le privé et le tribunal, elle tend à devenir, à partir de 1946, le relais entre l’État (par le biais de son administration) et le tribunal. En 1948, le directeur de l’Éducation surveillée, en même temps qu’il cherche à clarifier le rôle de cet auxiliaire de justice, estime «qu’il conviendra, dès que ce sera possible, de réviser les dispositions de l’arrêté du 1er juillet 1945 et de faire nommer les délégués par le garde des Sceaux, sur une liste dressée par le juge des enfants». La circulaire du 1er juin 1949 franchit une étape supplémentaire. Elle répond à la nécessité de «recruter un personnel de qualité, possédant une formation sociale et psychologique solide et des connaissances juridiques et administratives assez étendues». Elle fixe leur nouveau statut et modifie leur recrutement : désormais ils seront contractuels et seront nommés par le garde des Sceaux. Leur situation est alignée sur celle des assistantes sociales et assistantes sociales chefs, ainsi que leur rémunération. L’amélioration du recrutement des permanents «qui tendent de plus en plus à devenir des techniciens sociaux» ouvre, selon la direction de l’Éducation surveillée, de nouvelles perspectives à l’institution de la liberté surveillée. Le terme de technicien social pour désigner le délégué permanent, indique qu’il est l’artisan de l’adaptation de la liberté surveillée au milieu social et familial.

La direction de l’Éducation se rallie à la double perspective ouverte par la frange la plus innovante des juges des enfants, d’une part, de réaliser par le biais de la liberté surveillée l’observation en milieu ouvert, d’autre part, de sortir la liberté surveillée «du champ trop étroit de l’enfance délinquante pour exercer tous ses bienfaits d’assistance et de prévention dans celui, beaucoup plus vaste, et tout aussi intéressant, de l’enfance à protéger». C’est, à l’époque, en juillet 1948, qu’est déposé par Germaine Poinso-Chapuis un premier texte de projet de loi sur la réforme de la protection de l’enfance en danger moral.

Ces deux points font l’objet de discussions lors de la 3e session d’études des juges des enfants qui rassemble 29 magistrats à Marly-le-Roi en novembre 1949. Plus globalement, des juges des enfants, à l’instar de Jean Chazal, juge des enfants au tribunal de la Seine, qui dès 1947 a fait part de son expérience d’organisation de la liberté surveillée au tribunal de la Seine, renouvellent leur vision de l’action du délégué à la liberté surveillée et de son rôle. L’action du bénévole est débarrassée «de tout caractère paternaliste», elle se substitue au tutorat moralisateur de l’entre-deux-guerres. Désormais elle se veut efficace, moderne, attentive aux conditions d’existence du mineur, à sa santé, à son travail et à l’organisation de ses loisirs ; elle est construite sur une relation d’aide et de soutien; par le biais de «l’accrochage affectif», le délégué cherche à gagner la confiance de l’enfant.

Certains pensent que l’un des principaux ressorts de l’éducation en milieu libre est l’action sociale ; le rôle du juge des enfants est incontestable, dans un pays appelé à «devenir une Nation essentiellement sociale». «Le juge des enfants participe à l’action sociale» dira plus tard un autre juge des enfants témoignant de son engagement. «Personnage plus social que judiciaire» autour de qui s’organise un ensemble fonctionnel, embryon d’un équipement local: «service de la liberté surveillée, centre d’accueil, service social d’enquête, foyer de semi-liberté, service de placement».”

– 

Jean-Pierre Jurmand, “«Promesses» et trahison, une histoire de la liberté surveillée au lendemain de la seconde guerre mondiale en France.” 

Revue d’histoire de l’enfance «irrégulière». Volume 17 | 2015: Naissance et mutation de la justice des mineurs. pp. 173-175.

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“As soon as child poverty is problematized in this way [as the fault of the parent and the local society], it becomes possible to invoke the need for public intervention in a broader range of cases – not just for young offenders and abandoned children, but for children neglected by unfit parents. This is a remarkable, cascading development that sets the stage for the systematic implementation, throughout the West, of child welfare and correctional systems consisting of prisons and reformatories, farm or penitentiary colonies, reform and industrial schools, and so on. Foster placement went hand in hand with these 1840s developments, paralleled by the development of the penitentiary system. From the 1880s on, new child protection associations sprang up in an effort to systematize the offensive against ‘unfit’ or deficient families, a movement that would be supported, in countries such as France and Belgium, by legislation providing for the loss of parental rights in such cases.

In Quebec, this problem gained sporadic public attention starting in the 1830s. The debate around the implementation of public institutions truly got going, however, only after the Act of Union of 1840. This debate, where it touched on young offenders, pitted proponents of punishment against theorists of reform. In 1851, the reformers worn a resounding victory with the passage if a series of resolutions by the House of Assembly of United Canada [which created the legal framework for reform schools and tackling youth delinquency]. In 1858, Lower Canada got a ‘reformatory,’ or reform prison, at Ile-aux-Noix on the Richilieu River, built in a clumsy effort to imitate Mettray [in France]. The terrible condition of the facility and the frequent instances of children running away to the nearby United States led to its being moved to Saint-Vincent-de-Paul in 1862. Ile-aux-Noix housed youths sentenced for serious crimes. It was clear soon after its opening, however, that it would not suffice. It made no provision for the incarceration of the juvenile petty criminals who still languished in the jails, much less for the housing of street children or abandoned children. It was unclear what was to be done with these children.”

– Jean-Marie Fecteau, The Pauper’s Freedom. Translated by Peter Feldstein. Montreal: McGill-Queen’s Press, 2017. French edition 2004. pp.142-143.

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“The liberal logic of regulation effected an increasingly strict separation in the penal order between the necessity of punishment and the desirability of reform. In so doing, it made it possible to reconcile the principle of individual culpability with a modicum of respect for physical and mental integrity. The legitimacy of the penal order came to revolve around punishment of the deliberate act, which was to be governed by strict rules of due process and proportionate sentencing.

These principles of regulation entailed two important operational constraints. The first was that punishment was unequivocally predicated on the offender’s free will, so that persons defined as lacking this capacity – the insane, or children under a certain age, for example – were not subject to it. The second was that the principle of proportionality implied a gradation of punishment corresponding, at least in part, to the gravity of the offence. The worse the offence, the greater the legal power of detention (and hence the possibility of prolonged treatment). This led to a fundamental paradox: the conditions for the effectiveness of punishment (and the prisoner reform expected to flow from it) were in stark contradiction with the dictates of prevention. The latter, after all, necessitated prior intervention, before the irremediable occurred. Moreover, prevention is unable by definition to react ex post facto to tangible acts; its whole logic of operation consists of a focus on certain factors that define a social or human condition rather than a particular act. 

This demarcation between the right to punish and the need to prevent – blurred in the case of adults by the waning enthusiasm for the ideals of criminal reform – came fully into play in the case of children. Here, hopes of reform had remained alive and had indeed begun to take priority over the imperatives of punishment. The discourse of the development of child reform institutions depicts reform as inextricably linked to the notion of prevention.

The work is not cleanse the polluted stream after it has flowed on in its pestilential course, but to purify the fountain whence it draws its unfailing supply. What we have to do is devise and carry out such measures as shall take possession of all juveniles who may be placed in such circumstances as to be evidently precarious for a life of crime, or who may already have entered upon it, and keep hold of them until they have been trained in the knowledge of the right way and fairly started in a course of well-doing.

Where children were concerned, the liberal legal order was regarded as a constraint that need not be obeyed with any great strictness – in the words of Toqueville, “the children brought into into it without being convicted, were not the victims of persecution, but merely deprived of a fatal liberty.”

As it happened, the fraught relationship between the penal and the charitable developed, in the case of children, in two stages. In the first, continuing until the mid-19th century, the distinction between young offenders and abandoned children because increasingly clear, with the penal law applicable to the first giving the state the legal means to justify incarceration, while the tendency was for abandoned children to be entrusted to the care of private initiatives, subject to the rules governing parental responsibility and custody. In the second, the fate of children, runaways in particular, was to inspire state measures to provide for their welfare. There ensued a gradual enlargement of compulsory powers beyond the domain of criminal law. In this process, the power to remove children from their homes was extended to cases beyond the bounds of classical penal law. Thus, runaways and abandoned children who kept company with criminals, or whose parents were in prison, could be legally confined.”

– Jean-Marie Fecteau, The Pauper’s Freedom. Translated by Peter Feldstein. Montreal: McGill-Queen’s Press, 2017. French edition 2004. pp.146-47.

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“Destructive Boys To Get Strapping,” Toronto Star. July 30, 1938. Page 05.

Caused Damage at Western Ontario Fair Grounds

London, Ont., July 30. – Two 11-year-old boys, convicted of causing extensive damage to buildings in the Western Ontario Fairground buildings, were sent to the York Street Observation Home for a ‘sound’ strapping, under orders issued yesterday by Magistrate Donald B. Menzies in juvenile court.

Four boys were involved in the affair in which windows were smashed, telephone booths wrecked and showcases broken, but the other two were so young they could not be charged in any court.

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“Truant Surrenders Having Seen Circus,” Toronto Globe. July 21, 1933. Page 10.

Wish Expressed to Return to Victoria Industrial School, Mimico

Kenneth Neely, 18-year-old inmate of Victoria Industrial School, Mimico, who has been missing for some days from that institution, yesterday walked into the Central Police Station at Detroit, and surrendered. To the officer in charge, young Neely, with some satisfaction, expressed his desire to return to the school, having explained how he had achieved an ambition of many years’ standing.

‘They let me out from the school to look for another lad who had escaped. While I was away I saw a poster advertising a big circus, the one thing I had longed to see for five years,’ he told the police. Saying he had gratified his ambition, he added: ‘And, say, it was just swell.’

Neely, who was serving a term for stealing a car at Niagara Falls, is being held pending the arrival of an officer from the school to bring him back.

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“What is the meaning of the amazing statistics which we gather
from reformatories? Out of 336 boys, for instance, in the Lyman
School, 110 were former peddlers on the street; 160 had been newsboys;
72 had been bootblacks, and 56 had been messengers. 

In the Parental School, another Massachusetts reformatory,
out of 336 boys, 89 had been newsboys, 52 peddlers, 22 bootblacks,
and 9 messengers; a number in total larger than the number of the
boys in the reformatory, because some of the boys had engaged in
more than one of the occupations. 

Is it the actual work? Does work lead to the reformatory?
It cannot be that. Every true advocate of child labor reform praises
good, honest, hard, tiring work as roundly as he denounces the toil
of those nine-year-old children who climb up on their dangerous
playthings in the cotton factories. 

No, it is not the hard, tiring work of the children that any child
labor reformer can contend against. It is the conditions under which
the work is done, which accompany the work, giving chance for
mischievous boyish tendencies to sprout into vicious tendencies. 

In the night messenger service the boys feel themselves above
the law. That is probably the service in which the most independence
has been cultivated. A little messenger boy walking along the

houses of ill fame, and kitchen bar-rooms. We asked him if he
was not afraid of the police. He pulled his cap off and showed
us his badge, saying: “De cops can’t touch us when we got dis
badge on.” And so it is the independence which gives them a chance
in the moments when they are not actively at work to cultivate the
vicious tendencies which lead to the reformatory. 

This independence is peculiar to the street trades. The mills
do not directly send people to the reformatories. They repress the
children, repress all the mischief, or tire it out so that there is not
much chance in the idle moments, while the child is working eleven
hours a day in the mill, for him to get on the path to the reformatory.
Indirectly, however, in Massachusetts at least, we find that the mills
do lead to the reformatory by ruining many boys at an early age,
making doffers of them when they have no education, no industrial
training. Without ability to progress to more skillful work in the
mill, boys are thrown upon the streets at sixteen or seventeen when
they become too old to doff. In the city of Lawrence, large numbers
of these boys are thrown upon the streets and become part of the
street gang. 

It is not the work of selling the newspaper or of carrying the
telegram that does the harm. Many boys-probably the larger
number-in the newspaper service at any rate, are benefited by the
actual work. A boy whom I met recently is one of the justices of
the Newsboys’ Court in Boston, just established. The judges are
the newsboys themselves. They act under the direction of the Juvenile
Court and sentence the boys themselves: self-government.
And this bright, fifteen-year-old boy, has been cared for in good
home surroundings and the hard work has benefited him. He is a
keen, intelligent lad. He is doing all he can to keep the younger
boys and his friends from going into the night messenger service,
and to get them work under good conditions. His one ambition
is to be a forester, and to get away from the city. 

And so it seems to me that the point of attack is not to stop
the work, but to regulate it, to put it under good conditions; and
where good conditions cannot be had, as in the late hours of the
night messenger service or the late work of street trading, then, as
the final resort, prohibit the work. 

There is another phase of the question of street trades and

reformatories – the question whether the reformatory is the proper
cure or remedy for the wayward street trader. Of course, in the
most depraved cases in the night messenger service, the boy must
land in the reformatory or in jail, thanks to the sad condition of
society which has allowed these evils to go on. But for the minor
offences, for violation of the license regulations, failing to wear the
badge displayed, and all those things, it would be foolish to send
the minor offender into the reformatory with the older and more
depraved offender. In this connection, the Newsboys’ Court that
has been established in Boston offers a most admirable suggestion.
One of the justices is a lawyer who has always taken a great interest
in children. The other two are newsboys. They manage their
court in a rather informal manner; but they judge each case fairly
after hearing the arguments. They take time to consider the
merits of the boy’s case, and understand better than do a great
many judges the difficulties with which the boy has had to contend,
and can suggest the proper punishment.”

– Richard K. Conant, “STREET TRADES AND REFORMATORIES.” The ANNALS of the American Academy of Political and Social Science, Vol. 38, Issue 1, 1911.

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