Feeds:
Posts
Comments

Posts Tagged ‘montreal’

“Communist Jailed As Church Robber,” Montreal Gazette. October 18, 1938. Page 10. 

R. Lepage Gets Seven Years After Pleading Guilty to Over 20 Charges

Pleading guilty yesterday to more than 20 charges of theft from churches in Montreal and surrounding districts, Roland Lepage, 28, alias Fred Way, self-styled Communist, will serve the next seven years in St. Vincent de Paul penitentiary as the result of sentences imposed upon him in Police Court.

The accused objected to being charged with breaking and entering the churches, telling the court ‘that when the door is open and you walk in that is not breaking.’ The charges were amended to read plain theft and the accused pleaded guilty.

Lepage was given three five-year-terms by Judge Maurice Tetreau on three charges of theft, the three sentences to run concurrently. Brought before Judge Guerin, he was given two years on each of 21 charges of theft, the sentences to run concurrently but he will begin to serve these sentences only after he has completed the five-year term.

Read Full Post »

“Woodstock gripped by a Thanksgiving of terror,” Toronto Star. October 9, 1984. A7.

Keeping contact: While police blocked off roads around Woodstock, a remote-controlled robot vehicle, front right, was used to establish voice contact with a man who had barricaded himself inside a home after a weekend shooting spree that left four people dead. Police used the cover of an armored truck, left, to position the robot near the house. Photo: John Mahler, Toronto Star

Watching: An Ontario provincial policeman peers through binoculars at the Woodstock home where a gunman was thought to be holding hostages after four people died in gunfights. Photo: Colin McConnell, Toronto Star

Under siege: A crowd of curious onlookers gathers at a home in Woodstock where police staged a 20-hour siege after a man barricaded himself inside following a shooting spree that killed four people, two of them policemen. The man, flushed out last night, was being sought for the Saturday night killing of a policeman and another man in Montreal.
Photo: Colin McConnell, Toronto Star

Read Full Post »

“3 Insane Convicts Free; 5 Make Escape From City Jail; 2 Recaptured / Insane Prisoners Break Jail at Bordeaux.” Montreal Gazette, September 17, 1938. Second edition. Top image is page 15.  Next two are pages 1 & 9.

“Fugitives Overpower Guards – Are Believed Armed. / Police Cordon Drawn. / All Available Forces Join Search for Desperate Men in Woods.

Three dangerously insane convicts, all believed armed, were fugitives from a widespread police net last night after escaping from Montreal Jail at Bordeaux shortly after two o’clock yesterday afternoon.  Two others who were also confined to the jail asylum, escaped at the same time, but were captured shortly afterwards.

A jail guard’s car, which the convicts seized at the gun point outside the prison’s main gate, was found abandoned last night in the north end of the city.  Provincial, Montreal and Royal Canadian Mounted Police threw a strong cordon about the island as soon as the break became known, but it was believed possible that one or more of the men had slipped through before the guards were posted.

The men were believed to have two revolvers and a rifle among them, and all were described by prison officers as ‘desperate men who would stop at nothing to retain their freedom.’

Police search squads were armed with machine guns and tear gas equipment.

The five, all declared by Dr. Daniel Plouffe, superintendent of the prison hospital, to be insane, were:

JULES LEGACE, 32, 10 years for burglary and holdup;

JOHN O’MALLEY, 25, life for assault on penitentiary guard;

JOSEPH GAUCHEN, 23, five years for assault on penitentiary guard;

DIEUDONNE COALLIER, 25, 10 years for burglary;

LEO TREMBLAY, 25, sentence unascertained.

The first four were Montrealers, while Tremblay was brought here from Quebec CIty.

O’Malley and Coallier were captured within a few hours of the break.”

Read Full Post »

“C’est là
que se sont réfugiés les fous criminels! / Du Nouveau Dans L’Affaire Des Fous Criminels,” Le Petit Journal. September 18, 1938. Pages 1 & 2.

Read Full Post »

Cinq Fous Criminels S’Évadent

À

Bordeaux – Des Gardes Blessés.” La Patrie, Edition Quotidienne. September 17, 1938. Page 1 & Page 21.

“L’évasion la plus sensationnelle encore vue dans notre province s’est produite vendredi après-midi,

à 2 heures 30,

à la prison de Bordeaux alors que cinq détenus de la section des aliénés criminels ont pris la fuite.

Trois gardes de la prison ont été assommés par les évadés qui leur ont enlevé leur armes et quie so sont ensuite fait ouvrir la grande barrière de la prison en dirigeant une fusillade nourrie dans la direction  des gardiens qui avaient mission de les empêcher de passer.”

     

Read Full Post »

“Cinq prisonniers s’évadent de Bordeaux – Ils désarment deux gardes, en assomment deux autres et fuient dans une voiture volée à un cinquième gardien.” Le Canada. September 17, 1938. Page 01.

Read Full Post »

“Evasions à Archambault,” La Presse. September 11, 1980. Page B12.

La police recherche deux prisonniers qui se sont évadés, tôt hier, du pénitencier fédéral Archambault à sécurité maximale. 

Michel Lafleur, 30 ans, qui purge une peine de 11 ans pour divers crimes, et Gilles Lavery, 23 ans, en prison pour 10 ans pour tentative de vol à main armée, tentative de meurtre et une évasion antérieure, ont tous les deux été décrits par la police comme étant «très dangereux».
 
Ils se sont évadés de la prison de Sainte Anne-des-Plaines, au nord de Montréal, vers 01h00 hier matin, après avoir scié les barreaux de leur cellule. La police et les autorités du pénitencier ont refusé de donner d’autres détails.

Read Full Post »

“Droits des détenus
– Le maintien
des préjugés,” Le Devoir. September 10, 1980. Page 07.

Le projet de charte des droits des détenu(e)s
présenté par la Ligue des droits et libertés a affronté
toutes les lois qui régissent les préjugés à l’égard de
ceux que la société a exclus de son cercle. Le Groupe
de défense des droits des détenus estime que le
projet a été mal présenté par la presse, donc mal
compris par le public. Il s’explique.


par le Groupe de défense
des droits des détenus

La présentation dans les journaux, il y a
quelques semaines, du projet de charte des
droits des détenu(e)s de l’Office des droits des
détenus de la Ligue des droits et libertés et,
surtout, la couverture souvent sensationnaliste,
presque toujours incomplète, qu’on en a faite
amènent le Groupe de défense des droits des
detenus de Québec à réagir. Nous trouvons
inacceptable que les médias d’information
entretiennent les pires préjugés au sujet des
detenus et de ceux qui s’avisent de défendre
leurs droits. 

Une base de réflexion

Le Groupe de défense des droits des
detenus de Quebec (GDDDQi) a pris connaissance
du projet de l’Office des droits des détenus
(ODD) il y a plusieurs mois, lorsqu’il a été
présenté dans le numéro de janvier-février de
Face à la justice. Le groupe a envisagé depuis
d’étudier le projet et de proposer lui-mème une
version d’une charte des droits des détenus qui
endosserait en tout ou en partie celle de l’Office
des droits des détenus, selon l’analyse que le
groupe en fera et le consensus qu’il obtiendra
parmi ses membres. Le Groupe de défense de
Québec trouve heureuse en elle-même l’initiative*
de l’office, plus particulièrement dans le
contexte actuel de révision constitutionnelle et
l’éventualité de l’inscription des droits des
detenus dans une charte constitutionnelle des
droits de la personne. Il juge de ce fait encore
plus urgent de dissiper les malentendus entretenus
à ce sujet dans l’opinion publique par
certains journalistes. En dénaturant un projet
dont lensemble est de qualité, on porte
préjudice à la cause des droits des détenus dont
la reconnaisance dépend largement de la
comprehension qu’en a le grand public.

Pourquoi une charte
des droits des détenus

Une charte des droits des détenus fournirait.
tous en conviendront, une base légale à la
défense de ces droits quand ils sont bafoués,
des droits que tous les juristes et. nous
l’espérons, tous les citoyens reconnaissent a
ceux qui, transitoirement et pour des motifs de
gravités très diverses, sont privés de leur
liberté.

S’appuyant sur des chartes et des déclarations
de droits, sur des constitutions de différents
pays, sur des travaux de juristes éminents,
l’Office des droits des détenus de la
Ligue des droits et libertés propose un texte en
18 articles qui portent sur les points suivants:
Droit a la présomption d’innocence — Discrimination
— Règle du droit démocratique — Droit
à l’intégrité physique — Droit à la santé — Droit
aux relations sexuelles — Droit à la famille —
Droit spécifique à la condition féminine —
Droit au travail — Droit à la liberté d’expression
— Droit d organisation — Droit de pétition
— Droit de défense — Droit aux activités
politiques — Droit à la culture — Droit à la
révolté — Droit à l’évasion— Droit au pardon.

Parmi les droits demandés il en est de
fondamentaux qui sont incontestables même si
l’on pourra — notre groupe se propose de- le
faire — suggérer des modifications de formula
tion au texte de l’office. On a malheureusement
souligné presque exclusivement dans la presse
deux articles provocants. mais néanmoins
mineurs, les articles 16 et 17, intitulés droit à la
révolte et droit è l’évasion. Nous convenons qu’a
première vue ces deux articles peuvent amener
bien des personnes, même tolérantes et libérales,
à s’interroger Pourquoi condamner à la
prison des personnes à qui on reconnaîtrait en
même temps ie droit de se révolter et de
s’évader.’

Il suffisait de lire
pour comprendre

Le texte même des articles incriminés
répond à cette question Le malheur veut qu’on
ait. sans souci de rigueur ni d’éthique professionnelle.
omis de citer ces articles textuellement.
qu’on a déformé systématiquement le
sens du projet de charte dans son ensemble,
exploitant des préjugés discriminatoires à
l’egard d’une catégorie de citoyens en ridiculisant
deux courts paragraphes qui. nous le
verrons, n’ont rien de l’absurdité qu’on leur a
prêtée pour faire sensationnel.

ARTICLE 16: Droit à la révolte — Quand un
gouvernement ou des autorités administratives,
ou des subalternes violent les droits des
détenuieis et compromettent ainsi leur intégrité
physique, intellectuelle, morale et spirituelle,
la révolte sous toutes ses formes, prise dans le
sens de legitime défense (c’est nous qui soulignons).
est pour chaque prisonnierte) le plus
sacré des droits.

ARTICLE 17: Droit è l’évasion — le fait
pour une personne de sortir de l’établissement
où elle est détenue, sans accomplissement des
formalités réglementaires et légales, est tin
droit inaliénable: l’éventuelle capture d’un(e)
fugitif(ve) ne pourra en aucune façon donner
lieu à une pénalité relative à l’évasion.

Comment refuser à quelqu’un le droit à la
révolte dans le sens de droit à la légitime
defense? Comme la prison est la seule peine a
laquelle les detenus sont condamnés, ils ont le
droit de se défendre des mauvais traitements et
des sévices dont ile seraient arbitrairement
victimes en détention. En parlant de défense
légitime, l’article délimite clairement l’exercice
de ce droit.

De même, le droit à l’évasion est restreint a
l’évasion définie comme ‘sortir de prison sans
accomplir les formalités réglementaires et
legales.’ Il ne s’agit donc pas du droit de
prendre des otages ou de tuer des gardiens
pour s’évader. Il s’agirait plus simplement du
droit de ne pas retourner devant un juge ni
recevoir une nouvelle peine quand on a quitté
un établissement de détention (ou qu’on n’y est
pas retourné) illégalement.

Une Justice sans exceptions

Une telle levée de boucliers des médias au
sujet d’un projet d’énoncé de droits d’une
catégorie de citoyens en dit long sur la
persistance de certains préjugés. Pour qui
est-ce menaçant que les droits de tous sans
exceptions soient respectés.”

Comment enseigner
une pratique juste de la vie en société à
des personnes que cette même société traiterait
injustement?
Notre groupe revendique fondamentale
ment ce droit des détenus d’être toujours traités
avec justice. l’Office des droits des détenus
également Les positions des deux organismes
pourront différer à l’occasion, mais notre
groupe tient à exprimer son accord sur la
demarche entreprise par l’office et sur la
majeure partie du projet de charte lui-même,
qui est l’expression, première chez nous, des
droits qu’on doit reconnaître aux détenus si
notre société veut mériter le titre de
civilisé line discussion objective des articles
qui soulèvent des interrogations ne saurait à
son avis, se faire dans un climat de sensationna
lisme. mais en toute sérénité, en joignant à la
réflexion et à l’analyse le plus d’information
pertinente possible.

Le Groupe de défense des droits des
detenus du Quebec offre aux personnes désireuses
de se renseigner sur le sujet les informations
dont il dispose actuellement et accueillera
les commentaires qu’on voudra lui faire parvenir
sur les droits des détenus et autres sujets
connexes.

Read Full Post »

“La charte des droits des
détenus: un projet inégal,” Le Devoir. September 5, 1980.

Page 07.

par Dominique Neuman

Étudiant au département de sociologie de l’Université de Montréal, l’auteur
commente ici le projet de charte des droits des détenus rendu public à la fin
du mois de juillet par l’Office des droits des détenus, un comité de la Ligue
des droits et libertés.


POUR beaucoup d’entre nous, parler
des détenus signifie parler de
grands criminels, d’assassins crapuleux
ou de délinquants qui, jamais plus,
ne pourront s’adapter a la société. Ce
trait de notre mentalité est apparu à plusieurs
reprises dans les réactions auxquelles
l’Office des droits des détenus a dû
faire face à la suite de la publication, il y
a quelques semaines, de son projet de
«Charte des droits des détenus».

On oublie trop souvent que les grands
crimjnels, loin d’être la majorité, ne
représentent qu’une infime proportion
des personnes incarcérées : 80% des détenus
sont incarcérés pour des périodes de
moins d’un mois, généralement pour nonpaiement
d’amendes ou délit mineur
contre la propriété (vols à l’étalage, etc.).
Un réajustement dans notre perception
des prisonniers est nécessaire si nous voulons
voir les enjeux réels que posent leurs
conditions de détention.

Depuis près de 40 ans, différentes conventions
internationales ont entrepris de
faire connaître formellement pour tout
cjtoyen un certain nombre de droits, considérés
comme fondamentaux: la liberté
de pensée, de parole, d’association, de
droit à la justice, à l’intégrité physique, à
la santé, etc. Chaque individu est titulaire
de ces droits de par sa qualité même de
personne et de citoyen. Le fait qu’un individu
soit temporairement incarcéré ne
saurait lui enlever ces qualités et par conséquent
ses droits.

Car ce que l’incarcération vise, du
moins en théorie, c’est avant lout de protéger
la société. L’incarcération doit etre
un service à la collectivité et non pas
l’expression archaïque d’une vengeance
aveugle; sinon, elle perd son sens. Ce
n’est pas en ravalant les prisonniers au
rang d’esclaves ni en leur otant toute
dignité humaine que l’on rend service à la
société. Ce n’est pas en habituant les détenus
à vivre dans un monde de violence
que l’on aidera la communauté qui les recevra
à leur libération.

Mais les détenus, s’ils sont titulaires
des mêmes droits de la personne que l’ensemble
des citoyens, doivent, de par leur
condition de prisonniers, s’en remettre
presque exclusivement à l’institution pénitentiaire
à la fois pour les faire respecter
et pour corriger les injustices dont ils
pourraient faire l’objet par cette même
institution. Ils ne peuvent, aussi facilement
que nous, faire appel aux médias,
aux partis politiques, aux syndicats, aux
groupes de pression, aux services de
santé, aux bibliothèques et aux services
d’information, aux institutions culturelles
ou à la justice pour obtenir réparation. Ils
ne peuvent meme avoir accès aux services
de police pour se protéger des actes
de violence qui seraient commis contre
eux. L’administration carcérale est omniprésente
dans leur environnement et
eut aisément filtrer leurs contacts avec
‘extérieur. Le prisonnier doit s’en remettre
à elle comme le citoyen dans une
société totalitaire à ses gouvernants.

La société démocratique, qui doit voir
au respect des droits de tous ses citoyens,
doit chercher à compenser l’isolement
institutionnel des détenus, de manière à
leur offrir la même protection qu’à l’ensemble
de ses citoyens. L’affirmation juridique
de leurs droits a l’intérieur d’un
texte législatif clair et ayant préséance
sur les lois et règlements pénitentiaires
est un essai dans ce sens et on doit féliciter
l’Office des droits des détenus d’avoir
rédigé un tel texte.

LA RECONNAISSANCE DES
DROITS ET LIBERTÉS CIVILES


La Charte proposée par l’Office réaffirme
les droits et libertés civiles que l’on
trouve habituellement garanties dans les
déclarations internationales: nondiscrimination,
intégrité physique, santé,
famille, travail, liberté d’expression
(incluant le droit à la confidentialité du
courrier), liberté d’organisation, droit de
pétition, droit aux activités politiques
(incluant le droit de vote) et droit à la culture.
À ces droits, l’O.D.D. ajoute le droit
aux relations sexuelles et le droit aux
moyens de contraception. La nécessité
d’ajouter cette clause est symptomatique
de l’état de notre droit pénitentiaire.
Comment se fait-il en effet qu’un droit
évident dans notre société, universellement
reconnu (sauf à la Baie James) au
int qu’aucune charte des droits exisante
n’en fasse mention, ait besoin
d’être réaffirmé dans le cas des prisonniers?

L’Office propose en outre la reconnaissance
explicite pour les détenus des
droits judiciaires usuels: présomption
d’innocence et droit à une defense. Il est
heureux que l’O.D.D. spécifie, comme
faisant partie de ces droits, celui, pour
une personne arrêtée, de se voir signifier

dans les vingt-quatre heures et devant un
tribunal compétent les accusations qui seront
portées contre elle, le droit à un procès
clans les six mois qui suivent sa mise
en accusation, le droit à un cautionnement
financièrement accessible, l’accès à
la documentation juridique pour les personnes
incarcérées et le rejet des preuves
illégalement obtenues.

Il serait intéressant que l’Office se prononce
également sur le cas des ajournements
de procès pro forma. Cette procédure
est occasionnellement utilisée par
les procureurs de l’accusation lorsque
ceux-ci, étant insuffisamment préparés,
commettent volontairement un vice de
procédure afin de pouvoir ensuite l’invoquer
pour reporter le procès au-delà des
délais réglementaires. Appliqué à des
causes criminelles, ce truc d’avocat a
déjà eu pour effet de maintenir en détention
des accusés non jugés au-delà de la
période prescrite par la loi.

Troisième aspect intéressant de la
Charte proposée, les institutions pénitentiaires
ne pourraient édicter de règlements
que dans le cadre d’un pouvoir de
législation déléguée. Il est en effet absurde,
alors que la vie civile est sous la
responsabilité étroite des parlements,
S
ue les règlements de prison soient consiérés
comme de simples décisions administratives,
que l’on adopte comme on
adopte des reglements d’hôtel. Il est normal
que, pour assurer le respect des
droits des citoyens détenus, les élus puissent
contrôler l’organisation des prisons.
À ce titre, il serait souhaitable que les
parlements envisagent la rédaction d’un
véritable code carcéral, qui serait l’équivalent,
pour les détenus, du code civil
pour les personnes en liberté et contiendrait
les ajustements nécessaires au
contexte de la détention.

Comme corollaire aux droits contenus
dans la Charte, l’O.D.D. suggère
d’inscrire le droit à la révolte, prise
comme légitime défense, «quand un gouvernement
ou des autorités administratives,
ou des subalternes violent les droits
des détenus». Cette clause, comme la
précédente, constituera une garantie de
la suprématie juridique de la Charte sur
les decisions administratives des pénitenciers,
en ce sens qu’un détenu ne pourra
subir des préjudices pour s’être opposé à
des illégalités de la part de ses geôliers.

Ainsi, dans son ensemble, le projet de
l’O.D.D., s’il est adopté, donnera aux détenus
un instrument juridique clair, systématique
et efficace par lequel ils pourront,
malgré leur incarcération et à l’intérieur
de celle-ci, s’assurer le respect des
droits fondamentaux que l’on reconnaît
aux citoyens en liberté. C’est l’impression
qui se dégage du projet de Charte, à l’exception
toutefois de trois clauses, concernant
respectivement le droit à l’évasion
(art. 17), l’octroi automatique du pardon
à l’expiration de la sentence (art. 18) et la
libération des détenues qui accouchent en
cours d’emprisonnement (art. 8), articles
qui détonnent dans un projet pourtant
bien construit par ailleurs.

LE DROIT A L’ÉVASION

Concernant le «droit à l’évasion»,
l’O.D.D. propose la clause suivante:

Art. 17. Droit à l’évasion. Le fait
pour une personne de sortir de l’établissement
où elle est détenue, sans
accomplissement des formalités réglementaires
et légales, est un droit inaliénable;
l’éventuelle capture d’un(e)
fugitif(ve) ne pourra en aucune façon
donner lieu à une pénalité relative à
l’évasion.

L’octroi d’un droit à l’évasion contredit,
à mon sens, à la fois la philosophie et
les objectifs recherchés dans le reste de la
Charte. En protégeant les droits des détenus,
ce n’est pas le principe de la détention
criminelle que l’Office remet en
cause mais les abus que celle-ci sert à justifier.
Du moins, c’est ainsi que son action
est perçue. Ce que l’Office dit viser,
c’est la Protection de droits qui sont le
propre ae tout citoyen et qui ne dépendent
aucunement du fait qu’il soit en liberté
ou en détention.

Si c’est le bien-fondé de la détention
que l’O.D.D. veut contester, qu’il propose
des modifications au code criminel
afin que certaines fautes cessent d’être
punissables d’emprisonnement. S’il juge
que l’évasion ne devrait pas être punie ae
la même façon pour ceux qui sont coupables
de délits mineurs que pour les
grands criminels, qu’il propose que les
peines d’évasion soient échelonnées en
fonction de la sentence originellement
reçue.

Mais, en déclarant «inaliénable» le
droit à l’évasion pour tout détenu, c’est le
principe même de l’emprisonnement que
l’Office conteste, pour quelque crime que
ce soit. L’Office semble nous dire que,
quel que soit le délit pour lequel une personne a été incarcérée, sa détention serait
illégitime puisque celle-ci aurait le droit
de tenter l’évasion autant de fois que l’occasion
se présenterait avec, pour seul
pendant, le risque de retourner en prison
purger la peine originellement prevue.

Un des effets qu’une telle clause aurait
sur la vie dans les prisons serait probablement
de resserrer les contrôles. Le reste
de la Charte cherchait au contraire à civiliser
la vie carcérale, afin que celle-ci
cesse d’être le foyer criminogène qu’elle
est présentement.

Les clauses de la Charte précédemment
mentionnées auraient incité les autorités
pénitentiaires à desserrer la sécurité et à
humaniser la détention alors que les détenus
auraient été amenés à considérer leur
privation de liberté comme une
contrainte qu’ils doivent assumer, en tant
que personnes responsables, mais à l’intérieur
de laquelle ils peuvent néanmoins
s’épanouir tant physiquement qu’intellectuellement,
socialement et spirituellement.
L’article 17 sur le droit à l’évasion
confirme au contraire le détenu dans sa
volonté de viser l’évasion et donc de ne
pas s’adapter aux possibilités réhabiütatrices
qu’auraient amenées les autres
réformes demandées par l’Office.

L’Office dit s’être inspiré de l’article
235 du Code Criminel français. Il est
déplorable que l’O.D.D. s’invente une jurisprudence
inexistante pour donner une
légitimité à une mesure qu’il n’a pas le
courage de soutenir seul. En France le
«code pénal» traite de l’évasion à l’article
245. Cet article prévoyait, originellement,
qu’il y a crime d’évasion lorsque les trois
conditions suivantes sont remplies:

a) si la personne évadée était détenue
légalement,
b) si l’évasion a eu lieu par bris de prison
ou par violence,

c) si le détenu s’est évadé volontairement
(c’est-à-dire s’il y a eu intention
coupable). (Source: Répertoire de droit
criminel et de procédure pénale, tome 1,
Dalloz, Paris, 1953).

L’exigence de la détention légale avait
pour effet, autrefois, d’exclure du crime
d’évasion les personnes emprisonnées
pour dettes commerciales — les faillites
en particulier. L’emprisonnement durait
jusqu’à ce que le commerçant malheureux
ait pu rembourser ses créanciers. On
considérait en effet que, pour que l’évasion
soit punissable, il fallait que celle-ci
cause un préjudice à l’ordre social; or, la
détention pour cause de faillite ne causait
de préjudice qu’aux créanciers, comme
l’emprisonnement pour cause de dettes
commerciales est disparu depuis longtemps
du droit pénal français, l’exigence
de la détention légale n’a plus creffet
restrictif autre que formel.

Quant à la notion de «bris de prison ou
violences», elle a été inscrite avant l’existence
des libérations de jour et des permissions
de sortir. Depuis l’introduction
de ces types de réduction de peine, l’article
245 fut amendé de manière à ce qu’il
y ait également crime d’évasion lorsqu’un
detenu autorisé à s’absenter temporairement
de la prison ne revient pas
dans le délai indiqué.

Il faut également souligner que le fait
pour un prisonnier de s’évader sans bris
de prison ni violence ne l’exempte que
des peines criminelles spécifiques au
crime d’évasion. L’évadé n’est pas pour
autant exempté ni des autres peines criminelles
qui pourraient lui etre applicables
(et elles sont nombreuses) ni des
sanctions multiples que les autorités pénitentiaires
auraient la liberté de lui infliger.

Jean-Claude Bernheim, qui est
membre de l’Office des droits des détenus,
soulignait dans un plaidoyer récent
contre les abus du système pénal
français, que «le droit du prisonnier à ne
pas etre maintenu en prison au-delà de sa
peine n’existe pas encore en France»; la
tutelle pénale permet à l’administration
de le garder jusqu’à dix ans après l’expiration
de sa sentence. 180 détenus vivent
actuellement cette situation dramatique
en France (J.-C. Bernheim, «Toute loi est
un texte de circonstance», LE DEVOIR,
25 juin 1980, p. 9). Il est surprenant que
l’Office des droits des détenus cherche
maintenant à s’inspirer des mêmes clauses
du code pénal français qu’il avait tant
critiquées — et à juste titre — un mois
auparavant.

Pour ces diverses raisons, je ne pense
pas que l’Office règle quoi que ce soit en
garantissant aux prisonniers un droit absolu
à l’évasion, indépendant de la sentence
reçue et enchâsse dans une Charte. Il
atteindrait davantage ses buts en proposant
des modifications aux lois criminelles
qui viseraient à dé-criminaliser certains
délits ou à remplacer les peines
d’emprisonnement par d’autres peines
socialement plus utiles (travail communautaire,
etc.) dans les cas de délits mineurs.
L’O.D.D. pourrait également proposer
que les peines pour crime crîn d’évasion
soient échelonnées en fonction de la sentence
originellement reçue, quitte à mène
exempter totalement de poursuites les
évadés dont le délit n’aura été que très
mineur.

Ces mesures seraient certes moins solennelles
que ce que propose l’Office
mais auraient l’avantage de mieux correspondre
à la philosophie qui sous-tend les
autres clauses de la Charte.

L’OCTROI AUTOMATIQUE
DU PARDON

Sur la question du pardon judiciaire,
l’O.D.D. propose la clause suivante:

«18. Droit au pardon. Toute personne, à
l’expiration de sa sentence, voit son casier
judiciaire définitivement effacé. De
plus, aucun renseignement relatif à ce
dossier ne peut être divulgué, même pour
des motifs qui tiennent à l’administration
de la justice ou à la sécurité du pays, et le
pardon ne peut être révoqué.»

L’objectif visé par l’Office est louable:
protéger le détenu libéré, déjà aux prises
avec suffisamment de préjugés et de difficultés de réadaptation, contre le harcèlement
continu dont il ferait l’objet si son
dossier judiciaire devenait accessible à
tous les membres de son entourage et à
ses employeurs. Cette mesure, comme les
autres clauses de la Charte, vise ici encore
à faciliter la réinsertion sociale du
prisonnier. La confidentialité des antécédents
judiciaires est d’autant plus souhaitable
qu’on sait que 80% des détenus le
sont pour des délits mineurs, dont la sentence
ne dépasse pas un mois: un exdétenu
dont les possibilités de reprise
d’une vie normale seraient continuellement
bloquées à cause d’une erreur commise
dans le passé retomberait facilement
dans le crime.

Mais l’Office tombe dans l’excès inverse
lorsqu’il demande qu’aucun renseignement
relatif à un casier judiciaire
ne puisse être divulgué, même pour desmotifs
ayant trait à la justice ou à la sécurité
du pays. Cette immunité conférerait
aux ex-detenus davantage de droits
qu’aux citoyens ordinaires. Devant tous
les tribunaux, les procureurs peuvent en
effet étaler des détails de la vie des personnes
en cause comme preuves circonstancielles
de leur culpabilité ou pour les
discréditer comme témoins.

S’il est souhaitable que le passé d’un
ex-détenu ne puisse être abusivement invoqué
en justice pour l’accuser à nouveau,
je pense que c’est à la question générale
des preuves circonstancielles que
l’on devrait s’attaquer plutôt que de conférer
aux ex-prisonniers un droit que les
autres citoyens n’ont pas.

Quant au cas de la «sécurité du pays»,
l’Office a raison de s’opposer à ce qu’un
motif dont l’ambiguïté a déjà servi a justifier
tellement d’abus, puisse être également
invoqué pour briser le secret des
dossiers criminels. Mais, sans aller jusqu’à
cet extrême, je pense néanmoins
que l’Office devrait prévoir certains cas
où la divulgation des antécédents judiciaires
d’une personne serait permise.
Comme par exemple celui ou un exdétenu
ayant commis un crime contre la
personne majeur ferait application pour
un emploi de policier ou, plus généralement,
pour un emploi qui le placerait en
charge de la sécurité d autrui. Similairement,
une association de consommateurs
devrait avoir le droit de révéler au public
les antécédents judiciaires de financiers
véreux, ayant déjà commis des crimes

économiques de grande envergure. L’Office
des droits des détenus devrait faire
l’inventaire des cas où la divulgation d’un
dossier criminel serait socialement souhaitable
et inscrire ces exceptions dans sa
Charte.

Une clause garantissant le secret du
dossier judiciaire à tous les ex-détenus,
en plus de ne pas être toujours désirable,
aurait peu de chances d’etre davantage
qu’un voeu pieux, au même titre que la
loi garantissant la confidentialité du courrier,
qui a été continuellement bafouée
par les forces policières. Si le pardon,
c’est-à-dire la possibilité d’obtenir l’effacement
définitif de son casier judiciaire,
doit continuer d’exister et doit être irrévocable,
le garantir à tous les ex-détenus
reviendrait, pour cette raison, à ne le garantir
à aucun d’entre eux.

LA LIBÉRATION DES DÉTENUS
AYANT ACCOUCHÉ DURANT
LEUR SENTENCE

A l’article 8 de son projet, l’O.D.D. prévoit
deux clauses spécifiques à la condition
féminine:

■ le droit de décider de la poursuite ou
de l’interruption d’une grossesse;

■ la libération de toute détenue qui accouche
au cours d’une sentence d’emprisonnement.

Ces clauses s’inspirent de principes généreux.
L’Office souhaite assurer à l’enfant
des conditions décentes à l’intérieur
desquelles il pourra s’épanouir et notamment
la présence, indispensable selon lui,
d’un milieu familial. Ce droit de l’enfant
est reconnu dans la Charte des Nations
Unies de 1959.

Mais, si l’octroi du droit d’accoucher
ou d’avorter pour les détenues est une
mesure souhaitable, qui devrait être évidente
même si la question de l’avortement
n’est pas encore réglée dans l’ensemble
de la société, on est en droit de
s’interroger sur la pertinence sociale de
l’octroi automatique d’une libération à
toute détenue qui accouche durant sa sentence
d’emprisonnement. Dans un article
récent, Robert Décary ridiculisait l’Office
à ce sujet: «La nouvelle recette du crime
parfait: tuez votre mari, ayant un enfant
de votre amant, vous serez libre comme
l’air et aurez tout le loisir de recommencer…».
Cette clause, en plus d’être un cas

flagrant de discrimination sexuelle —
principe auquel l’O.D.D. dit pourtant
s’opposer — constituerait en effet un facteur
criminogène important et l’on doit
résolument svy opposer ne serait-ce que
pour ces raisons. 

Mon objection porte sur l’argumentation
même de l’O.D.D., soit le droit le
l’enfant à un milieu sain. Cet argument,
est depuis longtemps utilisé par les tenants
de l’avortement libre qui souhaitent
ainsi éviter à l’enfant de naître dans
un milieu ou il n’est pas désiré et où ses
parents ne peuvent lui assurer une enfance
heureuse. En réclamant le droit à
l’avortement pour les détenues, on peut
penser que l’O.D.D. fait sien ces arguments.
Mais que devient ce droit de l’enfant
si l’accouchement peut n’être qu’un
moyen légal d’échapper à l’emprisonnement?
L’enfant aura-t-il nécessairement
été désiré? Le milieu qui l’attend sera-t-il
nécessairement un environnement familial
sain?

Si l’Office a raison de réclamer pour les
détenues le droit d’avoir des enfants, ce
droit ne devrait pas devenir pour elles un
moyen d’évasion déguisé. L’Office irait
davantage dans le sens de ses objectifs s’il
proposait, par exemple, que le fait pour
une détenue d’accoucher facilite sa libération
conditionnelle, mais sans que ce
facteur soit le seul en jeu. Une telle mesure
devrait d’ailleurs s’appliquer également
aux détenus hommes ou femmes,
qui ont un ou plusieurs jeunes enfants à
charge, que ces enfants soient nés durant
l’incarcération ou peu avant Un enfant
de deux ans a en effet autant besoin d’un
«milieu familial sain» qu’un nouveau né.

Les trois articles de la Charte sur le
droit à l’évasion, le pardon et la libération
des détenues ayant accouché contredisent
les objectifs que la Charte des
droits des détenus veut promouvoir. Ces
clauses sont inconséquentes et n’ont pas
leur place dans un projet de la valeur de
celui qu’a préparé l’Office. Elles ne font
qu’en miner la crédibilité.

Les premières réactions auxquelles
l’Office des droits des détenus a dû répondre
l’illustrent bien. Tous les critiques
du projet de Charte ont fait porter le
gros de leurs attaques sur le droit à l’évasion.
Il est dommage que le débat public
doive porter sur cette question perdue
d’avance alors que le reste de la Charte
est passé sous silence.

Aussi l’Office commettrait-il une grave
erreur en continuant de défendre les trois
articles contestés de son projet. Il devrait
avoir le courage de les remplacer par des
mesures mieux adaptées à ce qu’il souhaite
défendre. Robert Décary, dans LE
DEVOIR
du 13 août, faisait remarquer à
juste titre que l’opinion publique se faisait
de plus en plus conservatrice au Québec.
Il serait deplorable que la charte de
l’Office ait des effets contraires à ceux
visés. Par des mesures comme le droit à
l’évasion, c’est ce qui risque pourtant
d’arriver.

Read Full Post »

“On referring to the report of the Montreal Jail, it will be seen that the continued increase in the commitments forms a lamentable feature in it. In 1861 the commitments were 3,436; and in 1862, 3,974; an increase of 538, or 15.6 per cent. The same remark which is applied to Toronto is equally true of Montreal. There is a jail population in the latter city, as in the former, which circulates through the streets to the city courts, and from the city courts to the City prison, where it sojourns for a specified number of days, to issue again from the gates and make the usual circuit.of the streets and courts as before. Of the 3,974 committed, 1,526 were persons recommitted.

There has no record been kept here, unfortunately, of the re-commitments of the same person, except for 1862. I cannot, therefore, go back upon previous years, as I have been able to do with respect to the corresponding class in Toronto; but I have taken from the books a list of 649 individuals of those’recommitted during last year.

Those 649 persons had been consequently 2,146 times before the courts in 186 The keeper of the jail, Mr. McGinn, and his assistant, Mr. Laurie, were also kind enough to go over the books with me, and point out tome a list of 75 of the most notorious inhabitants of the prison, giving me the length of time for:which they have been regular frequenters of it, and the number of days generally intervening between their discharge and their re-commitment. Although those officer communicated the facts from memory only, there is not the slightest doubt of their general accuracy.

I confess that – until my duties led me to inquire into and reflect upon the state of crime, as shown by the Common Jail Returns – I had no idea of such results; and I only fear that I will fail in conveying to the minds of others the convictions now impressed upon my own with such force as to induce remedy. Truly do the officers of the prison, who are brought daily and hourly into contact with this moving mass of, crime, declare that prison reform is not to be looked for, so long as the remedy is not applied at its source. The present state of the law, and the custom of the Police and Recorder’s Courts, actually tend to foster crime, and to train up families of criminals to, the second and third generations, in the practice of their profession.

l order to show how the present system acts, I may give a few instances, as related by Mr. McGinn and his deputy, whose known reputation for accuracy and truth places the facts beyond a question.

Mary R., wife of Michael R., was committed, with a child at her breast, as a loose and disorderly person by the Recorder, on the 27th October last, for one month. When in prison she was visited by her husband and a son of about eleven years of age. On the 27th November she was discharged. On the following day, the whole family husband, wife, son and infant – were committed as vagrants, on their own confession, by the Recorder, for another month. On the 28th December they were discharged, and on the 12th January last they were all again re-committed.

John D. was first committed for larceny in 1840, and, frequently afterwards. After a few re-commitments of himself, his wife was committed along with him, having a child in her arms. D. at last was sent to the Penitentiary, and the wife made the jail her home by means of the short commitment system. The child became prostitute at eleven years of age, and the time that she is not now on the streets, she is in the prison.

J. D. and his family were committed as vagrants about eighteen years ago. Two daughters, being then more children, were reared up in jail.’ The parents are now dead, but the girls became prostitutes at thirteen years of age, and are still frequenters of the prison. One of them ‘has now a bastard in her arms, to be trained up in the same steps in which the grand-mother and mother had walked.

John F. became a vagrant about fifteen years ago; and his son has been reared principally in jail. He turned out an expert thief and is now in the Reformatory.

Thomas M. and Pierre L. became inmates of the jail, and had also each a son, who after training in jail, are now in the Reformatory.

In 1848, J. C. was sent to the Penitentiary, after being a regular inmate of the Montreal Jail for some years before. His Montreal Jail life was shared also by his wife and three children. The mother and two children left Montreal soon after the father had been sent to Kingston, but the oldest girl, about eleven years of age, was already a prostitute, and remained.

J. T., senr., was sent to the Penitentiary in September last, after being an inmate of the jail for some time. His son, 15 years old, was sent five years to the Reformatory, and his wife was sent five times to jail during the last year. There are two other children of. whom the oldest is eight years. They will, in all likelihood, follow in their parents’ stops.

Instances might be multiplied to any extent of the efficiency of the Montreal Jail as an academy for crime. A very considerable number of the criminals now about the city, as well as many in the Penitentiary, have spent terms of imprisonment in this jail, before they reached 12 years of age, some of them at first with one or both parents. At the present moment, there are about a dozen children in the prison with their mothers, who, ten years after this, will be thieves and prostitutes on the streets of the city. They will have acquired – all their education, at the government expense, in the school for crime established in this province.

What is the remedy for all this? The first step, undoubtedly, is to put an end to short commitments. If offenders make it clear, by their frequent appearance before a court, that they cannot keep out of jail, the law ought to take them according to their acts, and make a previous sentence a portion of the fresh crime, increasing the imprisonment every time to adults, and in the case of boys sending them to the Reformatory before a second crime is committed. It is not to be wondered at that the expense of the administration of justice reaches the figure which the public accounts exhibit from year to year. I have shewn from the books at Montreal, that 649 worthless vagrants have been tried 2146 times! These re-commitients proceed from the Recorder’s and the Police Courts, and if we reckon the expense of the police, the witnesses and the clerks, and assume them at the moderate rate of $5 for each arrest and trial, we have the sum of $16,560 expended in producing crime, instead of repressing it!

EMPLOYMENT OF PRISONERS
In connexion with the repression and punishment of crime is the employment of the prisoners in the common jails; and it is a question of no small importance to the public.

Under present circumstances, it may be said that the employment of male prisoners is next to nothing. At times, when the corporation of Toronto feels inclined to purchase broken stone from the jail, the prisoners are set to work, and so with respect to Montreal. At this moment, however, there have been about 3000 loads of stone in, the yard at the latter city for some time, which the corporation will not purchase, for some reason or another, as it has been suggested, connected with the letting of contracts by the Road Committee.

The females in the Toronto Jail are employed in sewing to an unlimited extent, and at Montreal they are also engaged in picking oakum. The total amount earned from all sources is stated at $500 for Toronto, and $850 for Montreal.

The county jails afford no employments any description for either males or females, with the exception of sawing wood for the stove; and the small towns in which they are situated seem to be as careful not to encourage work being-done in them, as tie corporations of the larger cities. The town council of Guelph, for instance, was offered the lab or of the prisoners at that jail in breaking stone, if they would pay for the transport’ it to and from the prison yard; but they have not yet acted upon the offer.

In a young country like Canada, where labor is of so much value and where the taxes are paid entirely by a class which does labor, it becomes a question of some moment to consider what is to be done with the mass of idleness which is housed, fed and clothed in our prisons. Setting aside the cases of first commitments, in which the sentences may probably be for short periods of imprisonment, and consequently beyond the reach of regular systematizing, there must be; according to my computation, from 1200 to 1500 vagrants and petty depredators, who come and go from the jails as from their home. and, it is to this class that, I think, the attention of the authorities ought to be at once directed. One would think, as all reason would suggest, that an evil so palpable, and of daily occurrence to so great an extent, in every part of the Province,would have forced itself upon the consideration of intelligent men, and compelled a remedy. On the contrary, however,the legislation of Parliament, and the practice of courts of justice have been directly exercised for producing and nursing it. For the class of habitués,the idea of a jail, instead of presenting an aspect of terror or discomfort, offers them one of a pleasing absence of work, and a certainty of warm lodgings, with abundant food. Every now and then, a paragraph may be seen to the effect, that parties named applied the Court to be committed to prison,and it is of frequent occurrence at the Montreal Jail that the vagrants are entrusted with, and alone carry to the prison, .in their own arms, the warrants under which they are committed.

The first stop, it appears obvious, that should be taken, is to make every recommittal itself a crime, as in Scotland it is a crime to be habit and repute thief. Even under the present system, this would afford relief, first, to the public, who suffer from the depredations of this class of offenders; 2nd, to the police force of the cities and-towns which they frequent, affording to the officers, more time for the duty of protecting the peace and preventing offences on their regular beats; besides diminishing the cause.of complaint. now so frequently brought against the police, that they are never to be found when wanted; 3rd, to the inferior Courts, the principal expense of which is rendered necessary by perpetually having to try the cases in which the class referred to are parties.

The next step is, to set these culprits to some description of work, by which the expenses they have thrown upon society may be lessened, if not reimbursed. This may be done, it appears to me, in two ways: either by the establishment of Central Jails (as already recommended by the Board of Inspectors and favorably entertained by the. late Administration), in which their labor may be systematised and rendered productive; or by employing them in the construction of public works.

The system of central jails could be the soonest established, as there are now jails nearly completed well adapted for the purpose. It would also be attended with less expense for supervision and security against escape than the other. But it would have this disadvantage, that only a few descriptions of occupations could be carried on within them, and a considerable time would necessarily elapse before expertness could be looked for, or consequent, profit.

In a central jails, trades might be carried on, in which males and females could be em ployed, as is now exemplified in tho Penitentiary. And with respect to females, especially I seec no reason why they should not be set to work by the Government, in making up clothing for the Volunteers and Militia, of whom there is every prospect now of there being a standing force in the country. It is only the other day that contracts were given out by the Government for 10,000 pairs of trousers for the Provincial troops, the expense of making which might have been readily saved to the public by collecting the females now scattered through the various prisons into one central jail, and giving them that work to do.

The other mode of employing male prisoners – that of constructing public works –  might be attended with ,perhaps, more expense, but, as I view it, with more direct and visible profit to, the community. From the nature of forced labor and-especially that’ criminals, it can be most advantageously carried on, both in respect to its efficiency, and the expenses of supervision, where a good deal is required within a small space. In the construction of harbors, in the building of locks, or in the excavation of heavy cuts, where a large number of hands can be kept under the eyes of a few overseers or guards, such labor can be employed to advantage.

The public have now to employ policemen to watch, to track, and to arrest them, jailers and turnkeys to guard them, and, under any circumstances, to house, to feed and to clothe them. What more would the Govérnment have to do for them, if it compelled them to do some labor in return? Nothing that I can see.

The whole Canadian shore of Lake Erie is destitute of harbours, to which the storm surprised commerce on its waters can flee for refuge: why not set to work a sufficient gang of the able-bodied men now wasting their own lives, and the hard-earned money of fhe industrious classes in the prisons, and keep them at work until, at every favorable point a harbour of refuge is constructed?

…I cannot bring myself to think that it is right that the criminal portion of the population should be the only one not only exempted from exertions, but supported in plenty at the public expense when the country requires the labor of every available man for opening up and improving its communications.”

–  Inspector James Moir Ferres, “SEPARATE REPORT for the year 1862,” from Annual Report of the Board of Inspectors of Asylums, Prisons &c for the year 1862. Sessional Papers of the Province of Canada, Sessional Papers No. 66, 26 Victoria, A. 1863.

Read Full Post »

“L’UNE DES PLUS GRAVES AU CANADA – PRISE D’OTAGES: ENQUÊTE,” La Presse

August 30, 1980. Pages 01 & 02.

PAUL ROY

Le solliciteur général du
Canada, Robert Kaplan, a
institué une enquête dans le but
de connaître tous les détails qui
ont entour é la tentativ e d’évasion de lundi, au Maximu m Laval,
et la pris e d’otages de 12
heures qui a suivi.

L’enquête, qui devrait être
complétée d’ici à une semaine, a
été confiée à l’inspecteur général
des Services correctionnels
canadiens, Al Wrenshall, qui
tentera notamment de découvrir
comment 10 détenus de ce pénitencier
à sécurité maximale ont
pu se procurer des armes et se
retrouver tous ensemble après le
déjeuner, lundi matin. L’ex-policier
de la GRC devra également
formuler des recommandations
dans le but d’empêche r que des
événements semblable s se reproduisent.

Le Solliciteur général a déclaré
que Laval a vécu l’une des
«plus graves prises d’otages de
l’histoire du Canada».
De passage à St-Vincent-de-Paul hier après-midi, M. Kaplan
a loué la fermeté des autorités
pénitentiaires qui, en aucun
temps, n’ont accepté de négocier
avec les mutins, dont un a été
tué par un garde dès le début de
l’évasion ratée . «Ce ser a une
leçon pour tous les détenus à
travers le pays», a déclaré le solliciteur
général, de retour d’un
congrès sur la question des pénitenciers,
à Caracas, au Venezuela.

Selon lui, les pénitenciers canadiens sont plus sécuritaires
que jamais et aucun ne l’est plus
que le Maximum Laval. Pourquoi
toutes ces prises d’otages,
donc? Parce qu’ils représenteraient
également un danger plus
grand qui jamais.

M. Kaplan explique cette apparente contradiction de la façon
suivante: d’un côté, les
mesures sécuritaires sont de
plus en plus raffinées et le personnel
est de mieux en mieux
entraîné; de l’autre, la «qualité»
des détenus se détériore depuis
que l’on a commencé à infliger
des peines dites communautaires aux criminels ne représen tant pas un danger pour la société.

De plus, souligne M. Kaplan,
les détenus ne sont plus confinés
à leurs cellules 23 heures sur 24,
ils ont beaucoup plus de possibilités
d’en sortir pour travailler,
étudier, etc., ce qui augmente

d’autant les possibilités de faire
entrer des armes de l’extérieur
et de prépar r des évasions.

Le ministre affirme néanmoins que cette libéralisation est
justifiée sur le plan de la réhabilitation
et qu’elle ne sera pas
remise en cause. A l’inévitable
question sur la peine de mort, il
a répondu que rien ne prouvait
jusqu’ici que le châtiment capital
permettrai t de réduir e le
nombre de meurtres. «Si c’était
le cas, je voterais en faveur»,
d’ajouter le ministre.

En attendant, les neuf mutins
qui ont survécu aux événements
de cette semaine ont été transférés
au Centre de développement
correctionnel, le «super maximum»
d’à côté , et les 12 otages
ont pu retrouver leurs familles.

Read Full Post »

“Hostage-taking inquiry is likely to remain secret,” Montreal Gazette. August 30, 1980. Page 03.

By ELLEN McKeough
of The Gazette

An inquiry into one of ‘the most serious hostage takings in the history of Canada’ should be ready in a week – but it will probably never be made public, the solicitor-general of Canada said yesterday.

Robert Kaplan was touring the maximum security Laval Institute where a three-day hostage-taking ended Thursday.

He said yesterday the results of the investigation will not be made public because he refused to ‘publish blueprints of our prisons and our contingency plans.’

He does not expect that any one person will be held responsible for the 74-hour drama in which nien convicts held 12 people hostage in a desperate bid for freedom.

Kaplan has appointed Al Wrenshall, inspector-general of prisons and former RCMP chief superintendent, to find out how 10 convicts got outside the prison’s west gate.

While of the convicts was shot to death, the rest – including five convicted killers – were trapped against an outside wall and used 12 hostages for cover.

Kaplan, 43, called the incident the ‘most serious hostage-taking in the history of Canada.’

‘I am determined we are going to learned from this incident,’ the solicitor-general said.

The inquiry will also look into two recent escapes from the maximum-security jail at Dorchester, N. B.

Kaplan said longer sentences are a factor in the increased number of hostage takings incidents in prison becaue ‘they contribute to the desperation of the inmates.’

He said the peaceful ending of the latest incident swhows the ‘value of our hard-line policy’ of not negotiating with offenders.

The convicts surrendered Thursday morning after one of the convicts almost cracked under the strain and threatened to kill himself or someone else.

They laid down their revolvers and gave up their hostages at 10:30 a.m.

Freed hostages contacted yesterday by The Gazette refused to comment on their ordeal.

The hostage-takers will spend the next six months in solitary confinement at the nearby Correctional Development Centre.

Kaplan dismissed complaints from Edgard Roussel, one of the Laval convicts, that the ‘super-maximum’ security centre near Laval is ‘designed only to turn us into beasts, to develop killer instincts.’

The solicitor-general answered that the ‘prison officials can help…but the prisoner has to want to go straight…’

Roussel made the complaints in an open letter he sent to a member of Parliament in April.

The government plans to close the 107-year-old Laval Institute by 1986.

The prison has been condemned by at least three royal commissions of inquiry and one government subcommittee.

In the four years preceeding this latest incident, there have been four hostage-taking incidents at Laval. In one incident two years ago, a guard was killed as five inmates made an unsuccessful escape bid.

The prisoner’s plea that preceded incident
Edgar Roussel, one of our nine prisoners involved in a 74-hour hostage-taking at the maximum security Laval Institute this week, warned an MP four months ago that unless his prison conditions improved he would probably commit ‘a desperate act.’

‘I sense that something has broken down in the system and if no one intervenes on my behalf the worst can be expected,’ the 34-year-old convicted murderer wrote Mark MacGuigan from his cell.

‘The saturation point has been reached, the slightest incident could be the (spark), could lead to a desperate act.’

Roussel, serving two life terms for the killing of two men in a Montreal bar in 1974, wrote the appeal to MacGuigan – now the external affairs minister but formerly the head of a Parliamentary inquiry into prison conditions – last April while serving time in the ‘super-maximum’ security Correctional Develppment Centre, a separate facility not far from Laval Institute.

Roussel was sent there in March, 1978, after taking part in the longest hostage-taking incident in history of Canadian prisons at a provincial jail near St. Jerome.

‘For two long and interminable years I have not hugged my wife, my mother, or my daughter,’ Roussell wrote in the 2,500-word letter to MacGuigan, published in its entirety yesterday in Le Devoir.

‘And for two long years as well I have gone without seeing the light of the moon, the stars. To the most vile of animals this right is not denied.

‘In summer, it (the cell) is a cremation oven whcih is made intolerable by total inactivity. In the morning, a symphony of clearing of throats, of blowing of noses, of horase coughs to clear the respiratory system.

‘For nearly two years I have slept on the floor of my cell, my head resting at the bottom of the door to benefit from the small breeze, incomparable luxury.’

Roussel claimed that due to ‘a thirst for vengeance’ on the part of penitentiayr officials, he had been held in isolation longer than the two other convicts involved in the St. Jerome hostage-taking.

Roussel and the eight prisoners have been transferred back to the Correctional Development Centre for a period of at least six months as punishment for their role in the hostage taking.

Read Full Post »

«PRISES D’OTAGES
DANS LES PÉNITENCIERS – IMPUISSANCES DES AUTORITÉS, » La Presse. August 29, 1980. Pages 01 & 04.

MARTHA GAGNON

«Durant la prise d’otages, les neuf mutins ont souvent été à découvert et il
aurait été facile de tirer sur eux. Mais pas un seul instant nous n’avons voulu
mettre en danger la vie des otages. L’armée a beau être là, les centaines de
tireurs d’élite aussi, nous ne pouvons rien faire dans de telles circonstances.
C’est terrifiant.»

Ce commentaire,
le directeur régional des communications du service des pénitenciers, M. Guy
Verreault, Ta fait hier matin peu de temps après que les mutins se furent
livrés aux autorités, sans aucune violence et sous un soleil radieux.

Un dénouement
heureux après plus de 72 heures d’attente, de tension, de fatigue et de
souffrance.

Les personnes qui
ont été détenues en otage sont en bonne santé. C’est du moins ce ou’a affirmé M
. Verreault qui a nié la rumeur voulant que l’un des hommes ait été victime
d’une agression sexuelle. Après leur libération, sous la protection de la
police, les otages sont rapidement allés rejoindre parents et amis. Dans la
cour du Centre fédéral de formation des gardiens, face au pénitencier de St-Vincent-de-Paul,
on pouvait voir défiler des membres des familles qui venaient d’apprendre
l’heureuse nouvelle. Une jeune femme, le visage empreint d’émotion, tentait de
se frayer un chemin parmi les journalistes et photographes. Ces derniers ont
vit-.’ été “cartes de l’endroit pour préserver l’intimité des gens.

Paul Gingras, 33
ans; John Niewerth, 50 ans: Denis Protean, 16 ans: Marcel Bougie, 46 ans; Marc
Saindon. 21 ans; Denis Morin, 22 ans; Serge Michaud, 34 ans; Jacques Pinet, 39
ans; Michel Grenier, 24 ans; Marcel Ostiguy, 62 ans et Daniel Vézina se
souviendront longtemps des trois jours d’angoisse qu’ils ont vécus dans la cour
du pénitencier, sous le soleil et la pluie, le jour et la nuit, sans boire ni
manger.

«Ces gens-là ont
été courageux et je puis vous dire qu’une prise d’otages c’est quelque chose
d’absolument épouvantable», ne cessait de répéter M. Guy Verreault, qui
paraissait plus décontracté devant la tournure des événements. Il garde
toutefois un goût amer de cette expérience, la plus pénible qu’il ait eu à
vivre, a-t-il dit.

Les mutins conduits au centre de développement
correctionnel
Le drame a pris fin
lorsqu’un des mutins, Denis Labelle, s’est mis à marcher nerveusement vers les
tireurs d’élite postés sur les remparts pour annoncer qu’il désirait se rendre.

Peu après dix
heures, les neuf mutins remettaient donc leurs armes: un magnum 357, une arme
de calibre 25, une carabine de calibre 7 mm et plusieurs armes de fabrication
artisanale. Roger Duhamel aurait été le premier à capituler ainsi. Les autres
détenus l’ont imité en jetant leurs armes vers une clôture. Les mutins n’ont
manifesté aucune réticence lorsqu’on leur a demandé d’enlever leurs vêtements
avant de retourner aux cellules.

Sans issue
Le directeur du pénitencier. M. Pierre Viau, n’a pas confirmé ni démenti la
rumeur à l’effet que l’un des mutins aurait menacé de se suicider plutôt que
d’abandonner.

«Ils savaient
depuis le début que leur situation était sans issue. Ils savaient qu’ils
n’obtiendraient rien. Ils savaient que les négociations ne déboucheraient sur
rien.» Voilà comment M. Viau explique la réaction des mutins. Ils n’avaient
plus d’autre choix que de se rendre.

L’évasion ratée
de lundi s’est transformée en prise d’otages. Devant l’impossibilité de fuir
comme ils l’avaient comploté, les neuf détenus, pris de panique, ont pris en
otage les gens qui se trouvaient sur leur passage. Ces événements sont survenus
après l’heure du déjeuner au moment où le camion de rebuts de la Société
sanitaire Dumas ( lequel vient chaque jour) est entré dans l’enceinte du
pénitencier. Des employés de cette compagnie ont d’ailleurs servi d’otages.

Selon le
directeur du pénitencier, les détenus, lorsqu’ils étaient encore à l’intérieur
du pénitencier, étaient déjà en possession de leurs armes. On ignore toujours
de quelle façon ils ont pu se les procurer. C’est là le grand mystère que
l’enquête policière tentera d’élucider. On se souviendra que l’un des mutins a
été abattu par les gardes des le début de la prise d’otages.

Concernant la
présence de l’armée mercredi soir, M. Viau a simplement précisé qu’il
s’agissait là d’une «action normale». D’après lui, en aucun temps les détenus
n’ont été avertis de la présence d’une vingtaine de soldats et des blindés qui
sont demeurés éloignés de l’endroit où étaient détenus les otages.

Au «super-maximum»
Un fois menottes, Edgar
Roussel, 34 ans. qui n’en était pas à sa première prise d’otages; Roary Shane,
29 ans: Michel Marineîlo, 33 ans; Robert Pelletier, 28 ans; Roger Duhamel, 33
ans: Denis Labelle, 23 ans; Thomas Guay, 38 ans; Ronald Allain, 32 ans, et
Robert Imbeault, 31 ans, ont immédiatement été conduits au bloc cellulaire CDC,
le centre de développement correctionnel à sécurité super-maximum où ils seront
gardés pour une période d’au moins six mois. Il s’agit d’un endroit où là
liberté est limitée au maximum; les grillages et les barreaux sont peu
nombreux. Environ 170 hommes y vivent.

Dans la cour du
pénitencier, entre deux grands bâtiments, les journalistes ont pu voir hier les
«restes» de cette prise d’otages: des vêtements sales, un étui à lunettes, des
souliers, des canettes de boissons gazeuses, des poubelles, et des bombes
lacrymogènes dont les gardiens se sont servis lundi matin. D’ailleurs, une
fumée qui a fait pleurer plusieurs journalistes se dégageait encore vers midi,
hier.

Un échec
Selon le criminaliste Me Robert LaHaye qui a discuté avec quatre des mutins
dans la nuit de jeudi, il était évident que les neuf hommes savaient que leur
sort était scellé. Tous étaient résignés même s’il y a eu quelques
tiraillements avant la décision finale et irrévocable. Pour eux, il s’agit d’un
échec. Le rêve de l’évasion n’est pas devenu réalité.

Pour M. Verreault, les récents événements montrent une fois de plus
l’impuissance des administrations pénitencières. Que faire? En fonction depuis
deux ans, le directeur de St-Vincentde-Paul, M. Viau, lui, ne sait pas quelle
solution il faudrait utiliser. Pour l’instant, il ne pense qu’à se reposer…

Sur le trottoir, devant le pénitencier, des curieux s’interrogeaient sur
l’avenir des neuf détenus. Un homme a lancé cette phrase: «Ils ne méritent mémo
pas de vivre en prison».

Pictures:

Top right:  “Soulagé mais en état de choc.”

Serge Michaud,
agent de détention âgé de 36 ans, l’un des huit otages qui ont été libérés hier matin
après un drame qui aura duré plus de 72 heures,
était en état de choc et complètement exténué. Des
employés du pénitencier l’ont aidé à sortir tout en
tentant de le soustraire aux regards des curieux.
Après avoir été examiné par un médecin, il a pu rentrer
dans sa famille. Photo: Paul-Henri Talbot. LA PRESSE.

Bottom:
Les «restes» de la prise d’otages: des vêtements, des poubelles,
des bombes lacrymogènes et des murs de prison qui ne parleront
jamais. C’est dans cette cour que les mutins ont gardé leurs otages
prisonniers durant 72 heures. Photo: P.-H. Talbot, LA PRESSE.

Read Full Post »

“Laval jail’s 74 hours of terror: The timetable of tension and patience,” Montreal Gazette. August 29, 1980. Page 02.

How Quebec’s biggest hostage drama began…and ended

By ANTHONY WILSON-SMITH and FREDERICA WILSON of The Gazette

Monday, Aug. 25
8 a.m.: In a desperate escape attempt, 10 prisoners armed with at least four guns and several home-made knives jump four unarmed instructors in the welding shop at the Laval Institute.

Taking the instructors hostage, the convicts, six of them killers, burst out of the prison into yard between 30-foot prison wall and surrounding 15-foot wire fence.

They try to hijack a garbage truck, but are met by a hail of bullets from guards in the prison tower. A convict, 44-year-old ohn Conneary, is shot and killed. The remaining nine grab eight more hostages, including two from the garbage truck.

Placing the hostages as a shield, the prisoners spend the day pinned down along the wall. They demand drugs and a truck for a getaway, but prison officials refuse to deal and ring wall with sharpshooters. The convicts keep captives at gunpoint and knifepoint.

12 noon: Prison officials release the names of the convicts. All but one are serving life sentences.

11:42pm: Prison official Guy Verreault  announces names of hostages. All but two, the garbage truck drivers, are prison employees. The youngest is 16, the oldest, 62.

Verreault tells reporters that prison officials won’t give in to any of the demands of the convicts. ‘They have to come to us. When you give something, you have to get something in return,’ he says.

The convicts and their hostages spend the night outdoors along the prison wall while the police sharpshooters keep floodlights and guns trained on them.

Tuesday, Aug. 26
Negotiations continue through the night until 4 a.m. and resume at daybreak for about a half-hour.

Verreault calls the situation a standoof and says no food or drink will be provided until some hostages are released. Neither the prisoners nor the hostages have eaten since early Monday.

Meanwhile, families of hostages have been moved into a pavilion across the street from the main entrance to the prison, and a direct telephone line is installed to the prison command post to keep families informed of developments.

10 a.m.: The first break in crisis comes after than 24 terror-filled hours when Marcel Ostiguy, 62, oldest hostage, is freed in return for a sandwich and soft drink for each convict and captive.

Ostiguy, who has a heart condition, is taken to the prison clinic. He is said to be tired, having spent the night sleeping sitting up. A member of his family, contacted by the press, has no comment.

Negotiations between Roger Duhamel, leader among the convicts, and prison officials, break off when request for shelter is turned down. It behins to rain at mid-day and the hostages and convicts spend the rest of the day and all of Tuesday night huddled against the wall without blankets or food.

Wednesday, Aug. 27
The convicts smash barred windows of clothing storehouse and spend early part of the day building a blind out of shirts to hide from police riflemen, but sharpshooters say they can still see them.

As day wears on, prison officials say tension appears to be easing between prisoners and hostages. Verreault says they seem to be talking more, and occasionally a hostage and convict pace together.

3:30 p.m.: Talks between convicts and jail officials resume for the first time since 10 a.m. Tuesday.

10:35 p.m.: In a show of force, two Canadian Armed Forces armoured personnel carriers and busload of armed troops arrived at the top security institute. There is speculation that the move is primarily a show to wear down the prisoners, who have had nothing to eat or drink since 10 a.m. Tuesday and are cold and drenched from an evening-long downpour. But prison officials won’t say why thye asked for the armored vehicles or what they will do with then. A forces officials says there will be no troop assault, and the soldiers are held on stand-by.

11:30 p.m.: In telephone interview Verreault tells reporters he is ‘very optimistic’ the hostage-taking will end soon. Negotations have been going well, he says.

12 midnight: At the request of the hostage-takers, Robert Laffaye arrives to join the negotiations. He had been a go-between in other hostage episodes and was lawyer for one of the convicts, Edgard Roussel.

Thursday, Aug. 28
2:25 a.m.: Verreault holds hasty press conference in parking lot across from prison entrance and says end of the drama ‘could be only hours away.’ He says tension ‘has greatly lessened.’

For the first time since Tuesday morning, the prisoners are granted a request: Coffee and cigarettes.

Verreault says presence of armed troops and armored vehicles is not show of foce but ‘a normal relief measure for our own guards in this type of circumstance.’

3:45 a.m.: The first of the 11 remaining hostages is released. Prison driver Marcel Bougie, 46, is taken to pavillion where relatives have been waiting since Monday. Appearing wan and tired, swathed in a blue blanket and supported on both sides by prison officials, he is whisked past reporters. A second hostage, Marc Saindon, 21, also slips by unnoticed.

4:05 a.m: Sixteen-year-old Denis Proteay – released at the same time as Bougie and Saindon – arrives at the pavilion, accompanied by lawyer LaHaye. He says the prisoners are no longer threatning the hostages: ‘They now they’re at a dead end,’ he adds.

After tearful reunion with families, the released hostages are examined by doctors and pronounced ‘tired but stressed.’ LaHaye says there were released with no condintions attached. He calls their release ‘a gesture of good faith’ on part of convicts.

9:30 a.m.: Unidentified prisoner breaks down, weeping. He threatens to kill soemone or commit suicide. Authorities call in a marksman with a .308-calibre rrifle and telescopic sight while an office in command post tells other sharp-shooters: ‘If one of the inmates shoots himself, don’t open fire.’

10:15 a.m.: Reporters are told that the convicts have agreed to surrender their four revolvers, and deposit them near outer fence. Officer at scene reports to command post: ‘They have no more guns and they want to let go of the hostages. Do we take them?’

He is told: ‘Get someone responsible to pick up the guns, and make sure they don’t touch them.’

Marksmen are withdrawn to a more distant position while the convicts surrender  and lay down their guns. Duhamel, 33, is last to surrender, dressed only in underwear.

10:39 a.m.: ‘Cest termine – it is ended,’ an officer shouts over the communication system. Ambulances take hostages to pavilion and waiting relatives and doctors.

Slightly more than 74 hours after it began, the largest hostage-taking in Quebec comes to peaceful end.

Read Full Post »

“Con cracks as hostage drama ends,” Montreal Gazette. August 29, 1980. Page 01 & 3.

By EDDIE COLLISTER
of The Gazette

The prison hostage drama at Laval Institute ended peacefully yesterday – but not before one of the convicts cracked under the three-day strain and nearly touched off a bloodbath.

Shortly before 10.15 a.m., the convict – who wasn’t identified – began crying and shouting that he was going to kill himself, or someone else.

‘If he shoots himself, don’t open fire,’ the commanding officer of the prison guards barked over his walkie-talkie to one of the 20 sharpshooters who had his high-powered rifle trained on the out-of-control convict.

The crisis was defused when other convicts calmed the unidentified inmate. Minutes later, they all surrendered, throwing their guns and hand-made knives over the wire fence that separated them from the outside world, and stripping to their underwear.

Last eight freed
The last eight of the 12 hostages taken Monday morning were freed. Some were dazed and so weak they had to be supported as they walked. They were taken to the prison’s staff college for tearful reunions with families and to be examined by a doctor.

‘They were tired and stressed but not physically harmed,’ a prison official said after the hostages had left for their homes. None of hostages was available for comment, but the daughter of prison instructor John Niewerth, 51, told The Gazette, her father went to sleep as soon as he arrived home.

Throughout the more than 74-hour standoof, prison officials refused to give into demands.

The convicts and hostages were were only fed twice: a sandwich on Tuesday and another early yesterday – both after first releasing hostages.

25-year terms
The convicts, all but one of them serving mandatory 25-year terms, most for murder, will spend the next six months in solitary confinement at the nearby Correctional Development Centre.

Solitary is designed to give the convicts time to think ‘so they don’t do it again,’ said warden Pierre Viau.

He said the inmates gave up because ‘they knew they were in a hopeless situation.’ The convicts and hostages had sat and slept in the open outside the prison’s 30-foot-high brick wall through rain and scorching sun since early Monday.

Officials said two convicted illers, Edgard Roussel and Roger Duhamel, both 33, appeared to be ringleaders in the escape attempt that went awry. Duhamel, a police-killer, had resigned as president of Laval’s prisoner committee a week before the escape try, and he negotiated for the convicts during the standoff.

It was the third hostage incident involving Roussel, who was transferred from the Correctional Development Centre only seven weeks ago.

Read Full Post »

Older Posts »